Elections au Congo: Tshisekedi Président…2011 ou 2016?

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni)  a decidé de reporter de « 48 heures » la publication des résultats provisoires complets du scrutin présidentiel initialement prévue pour mardi 6 décembre. Il nous est rapporté que les camps de Kabila et de l’opposition ont approuvé cette décision. Sur base des 5eme résultas préliminaires, on peut deja demander au camp de Kabila de sortir leurs bouteilles de champagne et de célèbrer la victoire de leur “Rais” car il est mathématiquement impossible que Tshisekedi remonte la pente. Car selon la commission électorale, nous sommes à 89,29% des votes et Kabila maintenant a 8,353,573 des votes and Tshisekedi 5,927,528, avec seulement environ deux millions de votes à compter. Bréf, les dés sont jetés pour le camp de l’opposition…SVP, commencez déjà à préparer 2016.

Mais avant de poursuivre notre analyse, commentons un peu ces résultats provisoires, spécialement les votes gagnés par Kabila dans chaque province. Selon la CENI, Kabila aurait gagné au Bandundu 63%, Bas-Congo 20%, Equateur 10%, Kasai OCC 15%, Kasai Or 20%, Katanga 90%, Kinshasa 30%, P. Orientale 62%, Maniema 87%, Nord Kivu 37%, Sud-Kivu 45%. Ce qui frappe l’oeil d’emblée, ce sont les résultats du Katanga: comment expliquer le faible pourcentage de Tshisekedi et le pourcentage presque parfait de Kabila? Personnellement, j’ai du mal à croire à ces résultats. Permettez-moi de faire le ‘Thomas’ et de demander au Pasteur Ngoy Mulunda de me fournir les procés-verbaux de tous les centres de vote, avant que j’y croie. Compte tenu de la composition ethnico-tribale de cette province, je m’attends à ce que Tshisekedi aie un score plus élévé. Si ces résultats sont vrais, cela signifie que Tshisekedi n’a meme pas pu convaincre les milliers des Kasaiens (si pas millions) vivant au Katanga.  Tout ceci reste à vérifier et à contre-vérifier. Les résultats de Kabila au Bandundu sont aussi trés frappants. On comprend par cela le poids du Palu sur la balance électorale. Dans l’avenir, les partis politiques devront tenir compte de cela. Toutefois, il y a de quoi avoir des doutes sur  ces résultats car en 2006, Kabila a obtenu au Bandundu 3% au 1er tour et 40% au 2eme tour. Comment expliquer ce saut vertigineux de 40% à 63% aujourd’hui? Une raison peur etre avancer. En 2006 au 2eme tour, il n’y avait que 2 candidats alors que maintenant il ya eu 11 candidats. L’opposition a en fait dispersé ses voix.

La 5eme proclamation des résultats provisoires est venue prouver la validité de ce que je disais il ya quelques jours: Kabila aurait perdu ces élections si l’opposition avait présenté un seul candidat. Prenez l’exemple de l’Equateur: Kabila a jusqu’à présent 205.880 voix, Kengo 621.645, Tshisekedi 596.497. Si Tshisekedi s’était uni avec Kengo et les autres opposants, il devancerait Kabila en Equateur avec une marge très considérable. Vous retrouvez la meme situation dans toutes les autres provinces à l’exception peut etre du Katanga. L’opposition aura donc commis une erreur monumentale. Ce qui est triste (pour  les fans des opposants) c’est que cette erreur etait deja prévisible. L’AMP, bien avant l’opposition, avait compris que le seul moyen pour Kabila de vaincre en 2011, serait de reduire les elections à un seul tour et prier que les opposants aillent en ordre disperé. Leur prière a étè exaucée et elle portera ses fruits.

Il nous a été raconté que Kamerhe et Kengo ont bel et bien fait le pas d’aller voir Tshisekedi et de lui proposer un “deal” selon lequel il serait le candidat unique de l’opposition mais il devra ceder certains portefeuilles de l’Etat aux autres. Kamerhe souhaitait recevoir la primature et Kengo la banque centrale ou la présidence du parlement. Il parait que Tshisekedi n’a meme pas voulu le recevoir ni les ecouter. L’histoire nous dira si cette version est correcte. Si elle est vraie, Tshisekedi aura alors rater la chance de sa vie (peut etre la derniere) de diriger le grand Congo pour lequel il a combattu pendant plus de 2 décennies. Mais ne tirons pas encore des conclusions hatives, nous savons qu’au Congo, le miracle se produit au jour le jour et il peut se produire pour le camp de Ya Tshitshi. S’il ne se produit pas, alors, l’UDPS n’a qu’à tirer les lecons qui s’imposent et rectifier le tir en 2016. La lecon que je leur proposerais d’apprendre: en politique, les alliances sont plus que nécessaires lorsqu’on veut atteindre son but. Meme lorsque vous avez la popularité comme celle de Nelson Mandela avant les élections, apprenez à vous concertez avec les autres opposants et trouvez des compromis. Un pays ne se batit pas seul. Kabila aura étè très malin: il a compris qu’il n’y arriverait pas sans l’aide des alliés. Sans Le Palu et le soutient des autres partis de l’AMP, Kabila n’obtiendrait meme pas 40% des voix.

Ainsi on peut affirmer que pour 2011, tout est scellé. La Ceni ne nous apprendra plus autre chose que nous ne connaissons pas. Et penser voir quelqu’un d’autre que Kabila etre proclamé Président, c’est rever en étant debout. Je devine que le seul espoir pour le camp de l’opposition reste l’annulation des tous les résultats, peut etre sous la demande de la communauté internationale. Malheureusement, le Cas RDC est différent de la Cote d”ivoire. Au Congo, la Monusco n’a pas reçu mandat de certifier les résultats des élections du 28 novembre. En d’autres termes, la décision de la CENI devra etre suivi d’un “oui et amen”. En Côte d’Ivoire, les choses étaient differentes car les acteurs politiques s’étaient retrouvés en Afrique du Sud et avaient accepté que les Nations unies jouent “un rôle actif” dans la proclamation des résultats. Voila pourquoi la Mission de l’Onu dans ce pays s’etait meme impliquée dans le processus de comptage de voix. Au Congo, Mr. Ngoy Mulunda est le seul maitre à bord: les passagers, les matelots, les poissons, les vagues, et les icebergs devront accepter sa décision finale. L’occident ainsi ne pourra aussi que ‘prendre en compte’ cette décision. Par exemple, le commissaire européen en charge du Commerce, le Belge Karel De Gucht, lors de sa rencontre avec les journalistes ce mercredi, n’a pu que reproché à la communauté internationale “de ne pas avoir fait plus pression sur le président congolais Joseph Kabila pour qu’il maintienne des élections présidentielles en deux tours.” Il a ajouté que “la communauté internationale aurait dû réagir de manière plus énergique quand Kabila a proposé une élection présidentielle à un tour. C’est une recette pour avoir des difficultés” Pour cet homme politique belge, “Une élection en deux tours aurait rendu le résultat plus acceptable pour les protagonistes.” Mais, lorsqu’il a été interrogé sur la régularité de ces élections, Karel De Gucht n’a pu affirmé que: “Je n’ai pas été observateur! ” Ceci sera en réalité l’attitude qu’adoptera toutes les capitales occidentales.

On nous apprend aussi toutefois qu’à New York, le Conseil de Sécurité s’est reunie en session fermée pour discuter de la position à prendre en face des résultas finaux des élections en RDC. Comme on pouvait s’y attendre, les puissances occidentales sont tres divisées. L’allemagne et la France ne cachent pas leur anxieté et doutes face à toutes ces irrégularités dans l’organisation des élections. L’irrégularité qui inquiete le plus ces pays est l’invalidation des voix par la CENI dans plusieurs centres de Kinshasa et de deux Kasais, territoires de l’opposition. Ces pays comprennent qu’il y a là une volonté deliberée de réduire les voix de Tshisekedi. Le Brésil, la Russie, la Chine and l’Afrique du Sud soutiennent la version officielle du pouvoir en place. On peut comprendre pourquoi. La Chine par exemple sait qu’un changement à la tete de l’Etat Congolais pourrait signifier l’annulation du Contrat Chine-Congo qui jusqu’à présent leur permet de se faire des milliards de dollars (et inquieter meme les USA économiquement) pendant que le Congolais attend toujours l’arrivée de la premiere autoroute devant lier l’aeroport de NDjili et le centre ville de Kinshasa (Ne soyons pas si pessimiste que cela: ils ont quand meme bati un hopital et réfectionner le boulevard du 30 Juin).

Ce qui est interressant à savoir c’est que le Conseil de Securité se refuse d’afficher une attitude définitive face aux fraudes et irrégularités des élections en RDC.  Les membres permanents de ce conseil ne savent pas si ces fraudes ont été si generalisés qu’il faudrait annuler tout. Ainsi, on se refuse d’exiger de la CENI de tout refaire. Meme si on le faisait, New York affirme, on n’est pas sur que les prochaines élections seront plus crédibles. Et en plus, qui devra dépenser encore des millions pour tout refaire? La seule maniere possible pour avoir des élections justes et crédibles en RDC, il faut remettre la CENI dans les mains des technocrates ‘neutres’ ayant aucune affinité avec un quelconque candidat (comment les trouver en RDC où tout le monde est ‘ndeko’ ya?). Brèf, l’occident est dans une impasse comme il a toujours été quant il s’agit du Congo. Revoyez l’histoire de ce pays de 1950 à nos jours pour comprendre les ‘impasses’ de l’ONU sur les questions du Congo. Nous traiterons de ce sujet une autre fois.

Le Conseil de Sécurité réalise aussi que, peu importe le nom du gagnant de ces élections, le consensus autour de ce nom est presque irréalisable. Le scénario qui fait le plus peur est celui de la défaite de Tshisekedi car son parti a jusqu’à présent prouver qu’il est capable de mettre le pouvoir en place mal à l’aise quand il le veut.  Meme si on fait appel à l’armée pour sécuriser les interets du pouvoir, la ménace du parti de ce “Moise” congolais fait toujours trembler les fondements du pouvoir du “Pharaon” qui veut y rester jusqu’en 2016. Et Dieu seul sait si ce ‘Pharaon’ acceptera de quitter en 2016. Le pouvoir est un fruit très juteux. Quand on y a gouté pendant plus de 10 ans, on finit par devenir un drogué du pouvoir. Les présidents Africains, à l’exception peut etre de Nelson Mandela, ont tous succombé sous la puissance de ce fruit tant convoité. Je crains que Kabila apres une victoire en 2011 puisse encore utiliser ses pions au parlement pour la modification de la Constitution afin que le mandat du président soit étendu au delà de deux mandats. S’il a reussi ce coup pour le cas du nombre des tours des élections présidentielles, il y a à douter qu’il refasse le meme exploit (machiavélique?) pour changer le nombre des mandats possibles qu’un président peut briguer. L’avenir nous dira si tout ceci n’est que spéculation ou prophétie.

Et si Kabila quittait le pouvoir en 2016 (nous devinons qu’il est deja assuré de gagner en 2011)? Qui le succedera? Question intérressante. Tshisekedi? J’en doute fort (pour des raisons que vous devinez aussi bien). Muzitu? Probablement. Kamerhe? Possible. Ce dernier nous semble etre un élement à surveiller de près car il a démontré, à l’opposé des autres candidats (certains d’entre eux n’avaient rien à dire sur l’avenir du Congo), qu’il avait un projet clair de sortie de crise pour la RDC. Pourra-t-il garder le meme élan jusqu’en 2016? A vous d’en juger.

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