Kabila Président du Congo en 2006, 2011, 2016, et en 2021 !!!!!

La Ceni vient de publier les résultats provisoires des élections législatives. Ces résultats couvrent quatre-vingt-neuf de cent soixante-neuf circonscriptions électorales. Déjà, on connait les noms de deux cent dix-neuf députés (sur les 500 qui composeront la prochaine Assemblée nationale). Sur base de ces résultats provisoires, Kabila et ses supporters peuvent déjà ouvrir des bouteilles de champagne et célébrer leur futur et plus-que-certain contrôle du parlement congolais. Rien de surprenant : le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), de la Majorité présidentielle (MP), arrive en tête avec trente-deux élus. D’autres partis de la Majorité présidentielle raflent plusieurs sièges. Le PPPD, un parti de la majorité créé à la veille des élections présidentielle et législatives obtient seize sièges. Voici les résultats des autres partis ayant soutenus la candidature de Kabila :

Le Mouvement social pour le renouveau (MSR) : 12 sièges; Le Parti lumumbiste unifié (Palu) : 9 sièges; L’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC) : 8 sièges; L’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) de Modeste Bahati : 4 sièges; L’Alliance des travaillistes démocrates (ATD) de José Makila : 4 sièges; L’Alliance des démocrates humanistes (ADH) de Jean-Claude Baende : 4 sièges ; L’Union nationale des démocrates fédéralistes (Unadef) de Charles Mwando Nsimba : 4 sièges; La Convention des Congolais unis (CCU) de Lambert Mende : 3 sièges; La Convention des fédérations pour la démocratie chrétienne (Cofedec) de Venant Tshipasa : 3 sièges; La Nouvelle alliance des démocrates (NAD) d’Athanase Matenda : 3 sièges

Du coté de l’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi, vient en tête avec vingt sièges ; suivi du MLC (Le Mouvement de libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba qui compte déjà treize sièges. L’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe n’a raflé jusque là que 6 sièges et l’Union des forces du changement (UFC) de Léon Kengo wa Dondo 3 sièges.

Quelle confiance les congolais doivent accorder à ses résultats ? Telle est la grande question que nous nous posons. Ce n’est plus du tout un secret que les élections au Congo de 2011 ont été un échec total. Tout le processus a été si entaché des failles, d’erreurs, de fraudes, de manipulations, et d’irrégularités que plusieurs voix se sont levées pour exiger que ces élections soient carrément annulées.  La CENI elle-même, devant la multitude des plaintes et réclamations et pour garantir la transparence et la crédibilité des législatives, avait décidé la suspension de l’opération de compilation des résultats des législatives dans tous les Centres locaux de compilation des résultats (CLCR). Cette suspension devait durer jusqu’à l’arrivée de l’équipe de supervision et d’appui technique international. A la surprise générale, avant l’arrivée de cette équipe et sans avoir apporter une quelconque assurance quant à la transparence et la crédibilité du processus, la CENI a repris son travail de compilation et de proclamation des résultats provisoires. Ainsi, nous croyons, la CENI ne doit pas en vouloir aux congolais qui rejetteront les résultats des législatives.

Comme on pouvait s’y attendre, la Majorité Présidentielle vient en tête avec plus de sièges raflés. Comment ne pas croire que ceux qui ont falsifié les procès-verbaux de la présidentielle ont aussi falsifié ceux des législatives ? Les deux élections se sont déroulées le même jour. S’il y eu irrégularités dans l’opération de compilation des résultats de la présidentielle, il y en eu surement dans celle des législatives. Malheureusement, au Congo, on semble appliquer l’adage africain qui dit : « mieux vaut avoir des élections frauduleuses que de ne pas en avoir du tout ». Tout le système politique congolais fonctionne (comme toujours) sur base du principe de la complaisance ; complaisance face à la corruption, complaisance face à l’injustice sociale, complaisance face aux fraudes, et complaisance face à l’incompétence. Sous d’autres cieux, on aurait repris toutes  les opérations de compilation des résultats des élections sous la supervision d’un comité neutre. Sous d’autres cieux, le pasteur Ngoy Mulunda aurait déjà été limogé. Sous d’autres cieux, on aurait déjà mis fin au théâtre que nous offre la CENI. Au Congo, là où le ridicule ne tue plus, on préfère ne faire aucun cas des plaintes et réclamations. Au Congo, là où on récompense les incompétents, on préfère faire confiance au travail bâclé du Pasteur Ngoy Mulunda et lui confier même l’organisation des élections en 2021.  Bref, les congolais n’ont qu’à accepter les résultats des législatives comme ils ont eu à accepter le gagnant proclamé de la présidentielle, Mr. Kabila.

Il n’y aura pas de changement au parlement congolais : la Majorité Présidentielle gardera la majorité des sièges. Ce qui veut dire : le Congo avant 2011= le Congo après 2011 ! S’attendre à un quelconque changement au Congo au niveau politique, social, et économique constitue un triste rêve. Un seul changement devrait être attendu : celui de la constitution. Rien ne pourra empêcher à cette majorité présidentielle d’effectuer un autre amendement constitutionnel qui devra permettre à leur chef spirituel, Mr. Kabila, de briguer un troisième mandat (pourquoi pas un quatrième puis un cinquième…jusqu’à battre le record détenu par le feu Président Mobutu). Certains nous traiteront d’alarmiste rêveur. Laissons le temps au temps et vous vous rendrez compte que nos prédictions sont loin d’être une rêverie.

Il suffit de bien étudier la gestion du pouvoir en Afrique pour réaliser que le Congo se dirige bel et bien vers un autre amendement constitutionnel. L’exemple du Sénégal devrait suffire à convaincre les esprits incrédules.  Abdoulaye Wade, Président du Sénégal, a été élu premièrement en 2000 pour un mandat de sept ans. Il fut re-élu en 2007 pour un mandat de cinq ans après qu’un amendement constitutionnel ait réduit la durée du mandat présidentiel. Mais en 2008, la durée du mandat présidentiel de sept ans fut de nouveau introduite dans la constitution suite à un autre amendement. Aujourd’hui, à la surprise générale, le Président Wade présente sa candidature à la présidentielle de 2012 pour ce qui est en principe devrait être son troisième mandat. Pour Mr. Wade, cela ne constituera pas son troisième mandat car le dernier amendement constitutionnel s’est effectué alors qu’il n’avait pas encore épuisé son deuxième mandat. Pour lui, l’amendement constitutionnel a introduit une nouvelle dispensation légale dans laquelle il n’a pas encore effectué deux mandats. Il ne serait pas difficile de comprendre que le changement constitutionnel de 2008 a été initié et effectué pour créer cette confusion et donner au président actuel du Sénégal des arguments pour présenter sa candidature aux élections de 2012. Nous sommes convaincus que le même hold-up constitutionnel s’opérera au Congo dans les jours à venir.

Notre assurance vient du constat selon lequel l’alternance politique est une denrée rare en Afrique. La majorité des chefs d’état africain ont quitté le pouvoir malgré eux. Certains se sont cramponnés à leur pouvoir jusqu’à leur mort, d’autres ont dû être délogés sous la force des armes, d’autres encore (plus malin) ont quitté en s’assurant que leur fils les remplacerait. En Afrique, les hommes de la carrure de Nelson Mandela sont rares, voir même inexistants. En Afrique, on prend le pouvoir et on n’y reste (jusqu’à ce que la mort nous sépare…). Au Congo, aucun homme politique au pouvoir ne nous a encore démontré la culture des hauts sentiments patriotiques et démocratiques. On exerce le pouvoir pour le pouvoir, on s’accapare des postes gouvernementaux pour un gain personnel, on soutient la candidature d’un tel ou tel autre juste pour un meilleur positionnement politique et financier. Avec une telle culture anti-démocratique en place, il va de soi qu’un autre amendement constitutionnel va être effectué, non pas pour une quelconque amélioration du système politique, mais simplement pour permettre au ‘roi’ de briguer un autre mandat et vivre éternellement au pouvoir.

Que peut faire l’opposition congolaise dans un tel contexte ? Presque rien. Ils vont s’asseoir et regarder impuissamment le hold-up constitutionnel s’opérer tel qu’ils l’ont fait durant les sessions passées lorsque la constitution fut changée pour réduire le nombre de tours aux élections présidentielles. Reste à savoir si cette opposition va rejoindre la nouvelle Assemblée Nationale. Si L’UDPS respecte sa logique, elle ne devrait pas laisser ses députés élus rejoindre le parlement. Et, les autres partis qui ont introduit des réclamations devraient en principe ne pas reconnaitre cette assemblée. Quelle sera la position de Tshisekedi face aux résultats des législatives ? Quel président les députés de l’UDPS reconnaitront-ils ? Quel gouvernement vont-ils surveiller ? Voilà des questions intéressantes aux quelles il va falloir répondre dans le jour à venir. Entre temps, célébrons déjà la victoire de Mr. Kabila aux élections présidentielle de 2021!!!!!!

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