L’Eglise Catholique dit NON!: la Fin du régime de Kabila?

La situation politique au Congo a pris une tournure assez critique ces deux derniers jours avec l’église Catholique qui a levé le ton contre le régime de Kabila. Les prêtres et paroissiens ont ouvertement proclamé leurs avis sur les résultats des élections du 28 novembre 2011. Pour l’église Catholique, le pouvoir actuel de Kabila est illégitime car il provient d’une élection entachée de fraudes et irrégularités. La messe organisée à la paroisse Saint-Joseph de Matonge à Kinshasa le samedi  dernier (messe dénommée « de restitution de vérité) a servi de moment pendant lequel l’église catholique a voulu durcir son message et faire comprendre au pouvoir en place qu’elle est décidée à amener sa contestation du pouvoir jusqu’au bout.

Nous n’avons pas besoin d’etre maman Olive Kabila pour savoir que son mari a mal dormi ces derniers jours car la menace que pose l’église catholique est très sérieuse. Avec le ton de colère que l’église Catholique adopte, Kabila se retrouve avec un opposant de taille, milles fois plus dangereux que Tshisekedi ou les combattants d’Europe. Mais, est-ce que cela veut dire que l ‘heure de la fin du régime de Kabila a sonné ? Malgré son pouvoir et sa capacité à faire trembler le pouvoir en place, est-ce que Monsengwo a le pouvoir de faire partir Kabila ?

Le cardinal Monsengwo fut l’un des premiers à avoir contester les résultats du pasteur Ngoy Mulunda, affirmant qu’ils ne reflétaient pas la volonté des urnes. Il faut savoir que l’église Catholique a été l’une des institutions qui étaient représentées dans presque tous les bureaux de vote avec la présence des témoins. Ce qui veut dire qu’elle possède les résultats réels de chacun de ces bureaux. Ainsi, il a été facile pour cette église de savoir si les résultats de la CENI reflétaient réellement la volonté du peuple. Par conséquent, toute contestation venant de l’église ne peut être que prise au sérieux par tous, surtout par la communauté internationale.

C’est avec aisance que le pouvoir de Kabila (surtout par la bouche de son porte parole, le ministre Mende) a ignoré et dénigré les déclarations de contestation des résultats des urnes de la part des partis politiques congolais, les observateurs internationaux et africains, et les membres de la société civile congolaise. On croyait que tout était fini. On dirait qu’on s’est trompé car la montée de l’église Catholique risque de changer les données du match.

Par la bouche du curé de la paroisse de Saint-Joseph, l’église catholique annonce sa volonté de se rebeller ouvertement et pacifiquement contre le pouvoir en place. L’église prévoit des actions de formation du public et de résistance contre le pouvoir. Il suffit de lire l’histoire du Congo pour comprendre ce que cette église est capable de faire comme actions.  La ‘marche des chrétiens’ organisée dans le passé pour dénoncer la fermeture de la Conférence Souveraine par le pouvoir de Mobutu devrait servir ici d’illustration.

Il est clair que, en prenant cette posture, l’église catholique se démarque fortement des autres groupes religieux, surtout des églises de réveil qui sont accusées de collaborer avec Kabila en refusant de proclamer la vérité des urnes. A la suite de la messe de samedi, plusieurs participants, qui avaient quitté l’église catholique pour rejoindre les églises de réveil, ont déclaré qu’ils rentraient au bercail simplement parce que l’église catholique semblait être la seule institution à proclamer la « VERITE ».

Avant de condamner les églises de réveil pour leur silence ou compromis avec le pouvoir, il faut d’abord bien analyser la situation des églises au Congo. Les églises de réveil n’ont pas le meme pouvoir de pression qu’a l’église catholique. Sur le plan du pouvoir social, économique, et politique, elles n’ont pas le meme degré de force avec l’église Catholique. Le gouvernement de Muzito peut facilement décider de fermer une des églises de réveil sans qu’il y ait une quelconque résistance de la part de la communauté.  Mais, le meme gouvernement réfléchira 10000 fois avant de fermer une quelconque paroisse de l’église catholique.  Le pouvoir de l’église catholique est immense au Congo. Elle contrôle la majorité des écoles, des hôpitaux, des centres d’apprentissages, et de tant d’autres institutions du pays.  Ainsi, il est plus facile aux prêtres catholiques de parler contre le pouvoir de Kabila que les pasteurs des églises de réveil. Meme si une paroisse catholique est fermée, le curé prêtre de cette paroisse continuera à vivre aisement alors que le pasteur des églises de réveil se retrouvera sans « mabonza », seule source de revenu de la plus part d’eux. Ainsi, ne demandez pas trop aux pasteurs des églises de réveil de se rebeller contre Kabila. Ca serait signer leur arrêt de mort social. S’il doit y avoir rébellion venant des églises, elle ne peut venir que de l’église catholique.

Voilà pourquoi le Cardinal Monsengwo et ses prêtres peuvent aussi audacieusement lever le ton contre Kabila et ses adeptes. Ils savent que le pouvoir en place ne peut rien contre eux. Au contraire, l’église catholique est capable de faire bousculer ce pouvoir en paralysant toutes les structures sociales et éducatives du pays. Est-ce que cela suffit pour que Kabila s’en aille du pouvoir? Nous en doutons fort. Si non, la meme église aurait été capable de faire partir Mobutu après que celui ait massacré les chrétiens lors la marche qu’ils avaient organisée il y a plus d’une décennie. L’église ne peut que poser une menace réelle au pouvoir au point où celui ci peut arriver à céder à certaines revendications, notamment le recomptage des voix.  Seul le peuple congolais est capable de faire partir l’homme qui au pouvoir. C’est ici où les choses peuvent devenir amères pour Kabila. L’association du peuple et de l’église catholique sera désastreuse pour le pouvoir en place.

Mais il y a un sérieux problème à cette équation qui semble facile. La plus part des dirigeants au pouvoir aujourd’hui vont dans des paroisses catholiques et un grand nombre des gens parmi la population qui soutient Kabila sont membres de l’église catholique. La posture de l’église catholique va certainement la divisée. Ceux qui soutiennent Kabila vont se désolidariser de l’église (peut être rejoindre les églises de réveil) et ceux qui sont contre Kabila vont se ranger derrière Monsengwo. L’église catholique se retrouvera fragilisée par cette division.

Toutefois, nous croyons que les paroisses de Kinshasa (bastion de l’opposition congolaise) comprennent moins des supporters de Kabila et plus des gens qui partagent l’avis de Monsengwo. Ainsi, l’église catholique peut compter sur une grande masse de la population pour soutenir des actions de désobéissance civile que Monsengwo et ses prêtres peuvent décréter. Ses actions, nous le répétons, serons très néfastes pour le pouvoir de Kabila. Pire, elles vont être décréter dans une période où les prix des biens de consommation ont augmentés (suite à l’application de la TVA) et où le pouvoir social du peuple s’est encore rétrécit. Le peuple, en se ralliant à Monsengwo, va aussi profiter pour exprimer sa colère contre la misère sociale généralisée. Mr. Lambert Mende, qui facilement dénigre les actions des combattants d’Europe ou de l’UDPS,  se retrouvera à cours d’arguments pour justifier les mensonges multiples du pouvoir. Et si le peuple Congolais décide d’etre persévérant dans leurs mouvements de révolte comme la population de la Syrie et l’Egypte, des changements importants risquent de se produire au pays.

La suite des événements au Congo dépendra de ce que le peuple fera du discours de Monsengwo et ses prêtres.  Une chose est sure : le Congo connaît un moment important de son histoire. Si le règne du mensonge est renversé, le Congo entrera dans une période glorieuse de son histoire. Les futurs dirigeants de ce pays sauront que cela ne sait à rien de tricher pour s’accaparer du pouvoir au Congo car on trouvera le peuple sur son chemin. Avant que les choses prennent une mauvaise tournure, nous lançons encore cet appel au pouvoir en place au Congo : ouvrez les portes du dialogue ! Que l’opposition et le pouvoir s’assoient et trouvent un moyen pacifique pour sortir de cette crise. S’il faut dépouiller de nouveau et recompter les voix, faisons le ; s’il faut démettre Ngoy Mulunda, faisons le. L’essentiel est de rechercher une solution qui répond aux attentes du peuple congolais. Il est plus que temps que  la volonté de ce peuple soit respectée par tous.

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