Taisez-Vous! On Massacre au Congo…Lettre Ouverte au Président Kabila

Cher Mr. le Président Kabila,

Je viens par la présente vous exprimer mon indignation et ma colère face aux massacres répétés des mes compatriotes Congolais vivant à l’Est du Congo. Comme vous le savez si bien, des villages entiers ont été attaqués à plusieurs reprises à l’arme blanche. Des hommes, femmes et enfants ont été décapités comme des porcs qu’on égorge à la boucherie. Aujourd’hui, nous apprenons ENCORE que des nouveaux massacres ont été commis, semant une plus grande désolation dans Beni et dans toutes les régions voisines.

massacre

Ce que je trouve de plus tragique, ce n’est pas la méchanceté et la haine qui animent les groupes armés qui accomplissent ces actes horribles, mais plutôt le silence et la passivité du peuple Congolais (vivant au pays et à l’étranger), des autorités Congolaises et de la Communauté Internationale. Je ne peux m’empêcher de penser : si des tels massacres se produisaient dans une autre nation, quelle serait la réaction du peuple, des autorités, de l’ONU ? Malheureusement, des centaines d’hommes et femmes sont tués comme des mouches au Congo sans que cela ne suscite une réaction qui soit à la hauteur des atrocités. Nos frères et sœurs sont attaqués la nuit, dans leur sommeil, égorgés comme des poules ; et pendant ce temps, la vie à Kinshasa continue comme si rien ne s’est passé : la musique de Werrason, Koffi et JB continue d’être jouer dans des bars, les partis politiques continuent leurs querelles enfantines et les nouveaux ministres nommés organisent des fêtes où la Primus et la Skol coulent à profusion. Des enfants orphelins sont obligés de fuir leurs villages et aller chercher refuge ailleurs; et pendant ce temps, on danse et on chante…tout se passe comme si la vie des populations de l’Est du Congo ne valait rien du tout.

Cher Mr. le Président Kabila,

Ces groupes armés étrangers sont capables de terroriser et massacrer nos compatriotes, non pas parce que notre armée est la plus moribonde du monde ; mais plutôt parce que le Congo n’a tout simplement pas des leaders responsables à la tête des institutions! Comment est-ce possible qu’aucun dirigeant Congolais ne démissionne à la suite de chaque massacre ? Y a-t-il des hommes et femmes responsables au Congo qui ont le courage de reconnaître leurs échecs et laisser la place à d’autres personnes plus capables? Au mois de Septembre de cette année, une quarantaine d’étudiants Mexicains ont disparus mystérieusement suite à des accrochages entre policiers et un groupe d’étudiants qui réclamaient des meilleures conditions d’études. Cette disparition d’environs 40 jeunes gens a secoué toute la nation. Des protestations sont organisées dans chaque ville. Des hommes, femmes, enfants descendent dans la rue tous les jours pour exiger que la justice soit faite. Mais le plus important, le gouverneur de la région où les étudiants ont été éliminés a eu le courage de démissionner. Mais au Congo, l’échec n’est jamais suivi de sanction ! Personne ne se sent responsable de la mort atroce et injustifiée de nos compatriotes. Cher Mr. le Président, si vous n’arrivez pas à limoger les autorités incapables de protéger leur population, ayez alors le courage de démissionner vous-mêmes !

Certaines sources affirment que les massacreurs de nos frères et soeurs n’attaquent pas à l’improviste. On nous rapporte que ces bandits envoient des avertissements avant de descendre sur le lieu et organiser les carnages. Cher Mr. le Président, si cela est vrai, comment expliquer l’impuissance de nos autorités et de notre armée qui n’arrivent pas à intercepter ces démons humains et fournir à la population la protection qu’elle mérite ? A qui profitent ces crimes ? Pourquoi sommes-nous si passifs ? Que font les députés de l’Est du pays à Kinshasa ? Combien des gens devront-ils être massacrés avant que le peuple Congolais se lève comme un seul homme pour dénoncer tout haut ces ignominies ? Combien des villages devront être vidées de leurs populations avant que l’armée contre-attaque ces monstres ?

Cher Mr. le Président Kabila,

L’heure est grave. Un changement de gouvernement sans changement de mentalité ne changera rien. Il est temps que les dirigeants de notre pays changent d’attitude et de perspective à l’égard de la vie de chaque Congolais. Nous ne devons plus attendre la mort de plus de 5 millions de Congolais pour nous réveiller de notre sommeil léthargique. Chaque vie compte, même celle d’un nouveau né vivant à Mulolya ou Malibo. La vie de ce nouveau né n’est pas inferieure à celle d’un ministre vivant à Kinshasa. La politique et la vie à Washington, par exemple, s’arrêtent à chaque fois que les militants d’ISIS décapitent un seul, je dis bien, un SEUL citoyen américain, peu importe sa profession dans la vie. Et quand la vie d’un otage américain est menacée, l’occupant de la Maison Blanche doit arrêter son sommeil et quitter son lit confortable pour autoriser l’armée américaine à entreprendre une opération de sauvetage. Au Congo, des dizaines d’hommes et femmes sont massacrés à la machette chaque semaine sans que les autorités s’en révoltent !

La communauté internationale est silencieuse, c’est vrai. Mais que peut-on attendre encore de cette communauté ? L’histoire du monde nous prouve que cette communauté n’intervient efficacement que lorsque les intérêts des pays occidentaux sont menacés. Devons-nous croiser les bras et prier que la MONUSCO neutralise seule ces terroristes? Allons-nous rester inactifs et espérer que La France, la Belgique et  l’Angleterre sécurisent nos mamans? C’est au Congolais que revient la lourde responsabilité de défendre son frère et sa sœur. Si nous ne protégeons pas ces populations en désarroi, personne ne le fera à notre place.

Peuple Congolais, peu importe là où nous vivons, réveillons-nous de notre sommeil ! Il est temps que ces monstres comprennent qu’ils ont affaire à un peuple courageux et déterminé à affronter son ennemi. Arrêtons de nous amuser lorsque nos compatriotes souffrent d’une mort si atroce. Crions notre colère. Soutenons notre armée. Démontrons à tous ces étrangers qui veulent l’anéantissement du Congo que, plus que jamais, le Congo est fort et uni. Nous sommes peut être un lion blessé ; mais, l’heure est arrivée pour que ce lion se redresse, rugisse plus fort et fasse fuir tous ces rats qui font la honte de l’Afrique Centrale.

Cher Mr. le Président Kabila,

Quand vous irez au lit cette nuit dans votre chambre climatisée, sachez qu’il y a une fillette Congolaise de 6 ans, près de Beni, qui fuit seule son village dans la nuit, après avoir assister au massacre de son père, sa mère et de toute sa famille. Cet enfant crie et pleure sa peine. Elle ne sait même pas si elle sera encore vivante au lever du jour. Cher Mr. le Président, du fond de votre lit douillet, écoutez vous le cri de cette fille Congolaise ? Entendez-vous sa douleur ?

Daniel Kahozi, le Congolais en colère

 

 

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L’Eglise Catholique dit NON!: la Fin du régime de Kabila?

La situation politique au Congo a pris une tournure assez critique ces deux derniers jours avec l’église Catholique qui a levé le ton contre le régime de Kabila. Les prêtres et paroissiens ont ouvertement proclamé leurs avis sur les résultats des élections du 28 novembre 2011. Pour l’église Catholique, le pouvoir actuel de Kabila est illégitime car il provient d’une élection entachée de fraudes et irrégularités. La messe organisée à la paroisse Saint-Joseph de Matonge à Kinshasa le samedi  dernier (messe dénommée « de restitution de vérité) a servi de moment pendant lequel l’église catholique a voulu durcir son message et faire comprendre au pouvoir en place qu’elle est décidée à amener sa contestation du pouvoir jusqu’au bout.

Nous n’avons pas besoin d’etre maman Olive Kabila pour savoir que son mari a mal dormi ces derniers jours car la menace que pose l’église catholique est très sérieuse. Avec le ton de colère que l’église Catholique adopte, Kabila se retrouve avec un opposant de taille, milles fois plus dangereux que Tshisekedi ou les combattants d’Europe. Mais, est-ce que cela veut dire que l ‘heure de la fin du régime de Kabila a sonné ? Malgré son pouvoir et sa capacité à faire trembler le pouvoir en place, est-ce que Monsengwo a le pouvoir de faire partir Kabila ?

Le cardinal Monsengwo fut l’un des premiers à avoir contester les résultats du pasteur Ngoy Mulunda, affirmant qu’ils ne reflétaient pas la volonté des urnes. Il faut savoir que l’église Catholique a été l’une des institutions qui étaient représentées dans presque tous les bureaux de vote avec la présence des témoins. Ce qui veut dire qu’elle possède les résultats réels de chacun de ces bureaux. Ainsi, il a été facile pour cette église de savoir si les résultats de la CENI reflétaient réellement la volonté du peuple. Par conséquent, toute contestation venant de l’église ne peut être que prise au sérieux par tous, surtout par la communauté internationale.

C’est avec aisance que le pouvoir de Kabila (surtout par la bouche de son porte parole, le ministre Mende) a ignoré et dénigré les déclarations de contestation des résultats des urnes de la part des partis politiques congolais, les observateurs internationaux et africains, et les membres de la société civile congolaise. On croyait que tout était fini. On dirait qu’on s’est trompé car la montée de l’église Catholique risque de changer les données du match.

Par la bouche du curé de la paroisse de Saint-Joseph, l’église catholique annonce sa volonté de se rebeller ouvertement et pacifiquement contre le pouvoir en place. L’église prévoit des actions de formation du public et de résistance contre le pouvoir. Il suffit de lire l’histoire du Congo pour comprendre ce que cette église est capable de faire comme actions.  La ‘marche des chrétiens’ organisée dans le passé pour dénoncer la fermeture de la Conférence Souveraine par le pouvoir de Mobutu devrait servir ici d’illustration.

Il est clair que, en prenant cette posture, l’église catholique se démarque fortement des autres groupes religieux, surtout des églises de réveil qui sont accusées de collaborer avec Kabila en refusant de proclamer la vérité des urnes. A la suite de la messe de samedi, plusieurs participants, qui avaient quitté l’église catholique pour rejoindre les églises de réveil, ont déclaré qu’ils rentraient au bercail simplement parce que l’église catholique semblait être la seule institution à proclamer la « VERITE ».

Avant de condamner les églises de réveil pour leur silence ou compromis avec le pouvoir, il faut d’abord bien analyser la situation des églises au Congo. Les églises de réveil n’ont pas le meme pouvoir de pression qu’a l’église catholique. Sur le plan du pouvoir social, économique, et politique, elles n’ont pas le meme degré de force avec l’église Catholique. Le gouvernement de Muzito peut facilement décider de fermer une des églises de réveil sans qu’il y ait une quelconque résistance de la part de la communauté.  Mais, le meme gouvernement réfléchira 10000 fois avant de fermer une quelconque paroisse de l’église catholique.  Le pouvoir de l’église catholique est immense au Congo. Elle contrôle la majorité des écoles, des hôpitaux, des centres d’apprentissages, et de tant d’autres institutions du pays.  Ainsi, il est plus facile aux prêtres catholiques de parler contre le pouvoir de Kabila que les pasteurs des églises de réveil. Meme si une paroisse catholique est fermée, le curé prêtre de cette paroisse continuera à vivre aisement alors que le pasteur des églises de réveil se retrouvera sans « mabonza », seule source de revenu de la plus part d’eux. Ainsi, ne demandez pas trop aux pasteurs des églises de réveil de se rebeller contre Kabila. Ca serait signer leur arrêt de mort social. S’il doit y avoir rébellion venant des églises, elle ne peut venir que de l’église catholique.

Voilà pourquoi le Cardinal Monsengwo et ses prêtres peuvent aussi audacieusement lever le ton contre Kabila et ses adeptes. Ils savent que le pouvoir en place ne peut rien contre eux. Au contraire, l’église catholique est capable de faire bousculer ce pouvoir en paralysant toutes les structures sociales et éducatives du pays. Est-ce que cela suffit pour que Kabila s’en aille du pouvoir? Nous en doutons fort. Si non, la meme église aurait été capable de faire partir Mobutu après que celui ait massacré les chrétiens lors la marche qu’ils avaient organisée il y a plus d’une décennie. L’église ne peut que poser une menace réelle au pouvoir au point où celui ci peut arriver à céder à certaines revendications, notamment le recomptage des voix.  Seul le peuple congolais est capable de faire partir l’homme qui au pouvoir. C’est ici où les choses peuvent devenir amères pour Kabila. L’association du peuple et de l’église catholique sera désastreuse pour le pouvoir en place.

Mais il y a un sérieux problème à cette équation qui semble facile. La plus part des dirigeants au pouvoir aujourd’hui vont dans des paroisses catholiques et un grand nombre des gens parmi la population qui soutient Kabila sont membres de l’église catholique. La posture de l’église catholique va certainement la divisée. Ceux qui soutiennent Kabila vont se désolidariser de l’église (peut être rejoindre les églises de réveil) et ceux qui sont contre Kabila vont se ranger derrière Monsengwo. L’église catholique se retrouvera fragilisée par cette division.

Toutefois, nous croyons que les paroisses de Kinshasa (bastion de l’opposition congolaise) comprennent moins des supporters de Kabila et plus des gens qui partagent l’avis de Monsengwo. Ainsi, l’église catholique peut compter sur une grande masse de la population pour soutenir des actions de désobéissance civile que Monsengwo et ses prêtres peuvent décréter. Ses actions, nous le répétons, serons très néfastes pour le pouvoir de Kabila. Pire, elles vont être décréter dans une période où les prix des biens de consommation ont augmentés (suite à l’application de la TVA) et où le pouvoir social du peuple s’est encore rétrécit. Le peuple, en se ralliant à Monsengwo, va aussi profiter pour exprimer sa colère contre la misère sociale généralisée. Mr. Lambert Mende, qui facilement dénigre les actions des combattants d’Europe ou de l’UDPS,  se retrouvera à cours d’arguments pour justifier les mensonges multiples du pouvoir. Et si le peuple Congolais décide d’etre persévérant dans leurs mouvements de révolte comme la population de la Syrie et l’Egypte, des changements importants risquent de se produire au pays.

La suite des événements au Congo dépendra de ce que le peuple fera du discours de Monsengwo et ses prêtres.  Une chose est sure : le Congo connaît un moment important de son histoire. Si le règne du mensonge est renversé, le Congo entrera dans une période glorieuse de son histoire. Les futurs dirigeants de ce pays sauront que cela ne sait à rien de tricher pour s’accaparer du pouvoir au Congo car on trouvera le peuple sur son chemin. Avant que les choses prennent une mauvaise tournure, nous lançons encore cet appel au pouvoir en place au Congo : ouvrez les portes du dialogue ! Que l’opposition et le pouvoir s’assoient et trouvent un moyen pacifique pour sortir de cette crise. S’il faut dépouiller de nouveau et recompter les voix, faisons le ; s’il faut démettre Ngoy Mulunda, faisons le. L’essentiel est de rechercher une solution qui répond aux attentes du peuple congolais. Il est plus que temps que  la volonté de ce peuple soit respectée par tous.

Le Congo réclame la tête de Laurent Nkunda. Qu’en pense Kabila?

Où se trouve Laurent Nkunda ? Qu’a-t-on fait de lui ? A-t-il été jugé ? Par qui ? Condamné ou acquitté ? Enfermé dans quelle prison ? Ces questions nous viennent à l’esprit alors que nous recevons encore des mauvaises nouvelles venant de l’est du Congo, nouvelles que reporte la Mission de l’ONU au Congo au travers sa radio. Cette mission nous informe que « les FDLR ont tué trente-neuf personnes entre lundi et mardi 3 janvier à Shabunda (Sud-Kivu) ». On précise que « à Luyuyu les assaillants ont tué trente personnes parmi lesquelles une femme enceinte éventrée dont le bébé a été jeté. Huit autres  personnes auraient été tuées à Ngolombe. Le chef du village de Kishenya a, lui, été décapité. » En l’espace d’un seul mois, les FDLR ont tué plus de 150 congolais, violé un nombre important des femmes et filles, et obligé des milliers d’hommes et femmes de fuir leurs villages. Le peuple congolais à l’est du pays continue à vivre dans la désolation la plus totale à cause des activités meurtrières des milices rwandaises.  

C’est depuis le 22 Janvier 2009 que Laurent Nkunda a été arrêté, suscitant un grand espoir parmi les congolais qui croyaient que l’arrestation de Nkunda signifierait la fin des violations des droits de l’homme à l’est du Congo par le CNDP et les FDLR. Deux ans après, il nous semble que rien n’a changé dans cette partie du pays. Malgré les multiples opérations armées des forces armées congolaises en coopération avec l’armée rwandaise pour anéantir les FDLR, ces milices continuent à semer la terreur et la désolation parmi nos compatriotes à l’est du pays. Nous voulons ici exprimer notre colère et notre rage face à cette triste situation qui ne change pas.

Il doit y avoir une bonne raison pour laquelle la situation à l’est ne change pas. Pour nous, une bonne raison explique l’invincibilité des FDLR : la complicité et la complaisance des autorités congolaises. Comment expliquer que Laurent Nkunda n’a pas encore été extradé  au Congo pour être juger pour ces crimes ? On en parle même plus. Ces crimes ont été oubliés. C’est comme si ce rebelle n’a jamais commis des crimes au Congo. Notre conclusion est claire : les FDLR poursuivent librement leurs actions sanguinaires simplement parce certains congolais tirent un avantage financier des activités de ces milices. La confusion que créent les attaques des FDLR permet à des congolais en complicité avec des étrangers de se faire de l’argent. Tout le monde connait que ce sont les richesses minérales de l’est du Congo qui motivent ces milices à semer la mort partout là où elles passent. Elles s’attaquent aux populations pour les obliger à fuir leurs territoires et rendre plus facile l’occupation et le contrôle des terres et des mines. Dans ce circuit, certains congolais travaillent de mèche avec les milices rwandaises, rendant l’anéantissement du FDLR impossible. Nous sommes aussi convaincus que Laurent Nkunda passe aujourd’hui des vacances dorées au Rwanda parce que certaines autorités congolaises ne veulent pas qu’il soit extradé au Congo. Laurent Nkunda a (et a toujours eu) des alliés au Congo. La preuve : sa milice, le CNDP, a été facilement et mystérieusement transformé en parti politique congolais. Ce qui veut dire que des meurtriers du peuple congolais ont été lavés de leurs crimes et transformés en hommes politiques intègres. Certains d’entre eux sont aujourd’hui en voie de devenir des députés nationaux à l’assemblée nationale (Quelle ironie !!!!). Bosco Ntaganda, ancien soldat de l’armée patriotique rwandaise et ancien collaborateur de Laurent Nkunda est aujourd’hui général de l’armée congolaise, tout en étant recherché par la Cour Pénale Internationale pour des crimes contre l’humanité.

Ya-t-il au Congo des autorités qui se soucient du malheur qui frappe chaque jour nos compatriotes à l’est du pays ? Y a-t-il des hommes et femmes à Kinshasa qui pleurent sur le sort des nos mamans et sœurs qui se font violées et éventrées par ces escadrons rwandais de la mort  ? Jusqu’à quand notre peuple devra-t-il souffrir comme des étrangers dans leur propre pays ? Nous voulons faire savoir aux autorités congolaises que le peuple congolais dans son ensemble ne supporte plus ce statu-quo à l’est du pays. Nos compatriotes ont assez souffert !!!

L’ironie est que les autorités congolaises semblent se tromper d’ennemis. Au lieu d’envoyer des troupes à l’est et arrêter l’avancée des FDLR, on préfère poster des chars de combat à Kinshasa comme si le citoyen kinois était l’ennemi à abattre. Au lieu d’exiger l’extradition de Laurent Nkunda, on préfère utiliser les ressources de l’état pour garder Mr. Etienne Tshisekedi en résidence surveillée. Le Congolais, finalement, se trompe toujours d’ennemi !

Après l’indépendance du pays, c’est Patrice Lumumba qu’on a traité en ennemi d’état. Aujourd’hui, les congolais reconnaissent que c’est un héro, un visionnaire, un prophète que le Congo avait éliminé avec l’aide des étrangers. Laurent Kabila a été aussi tué avec la complicité des congolais qui l’ont pris pour un ennemi à abattre. Floribert Chebeya a été aussi éliminé parce que certains compatriotes ont vu en lui un ennemi à anéantir. Jusqu’à quand allons-nous nous tromper d’ennemis ? Nous sommes convaincus que le jour où les congolais identifieront correctement leurs ennemis, la paix reviendra sur tout le territoire.

C’est aussi regrettable que les autorités du Congo puissent aujourd’hui concentrer plus d’énergies à traquer les ‘combattants’ congolais d’Europe que de mettre fin aux attaques des FDLR à l’est. Il suffit que ces ‘combattants’ agresse un seul individu pour que Mr. Thambwe Mwamba et Mr. Lambert Mende et leurs machines propagandistes se lèvent et montrent leurs griffes : on va jusqu’à convoquer l’Ambassadeur de France un dimanche matin et lui exiger de mener une enquête. Quand va-t-on commencer à déployer la même énergie dans les cas des tueries des FDLR ? Quel jour va-t-on exiger au Rwanda d’extrader Laurent Nkunda avec la même insistance ?

Nous ne voulons pas faire l’avocat de ces ‘combattants’. Malgré que nous comprenions leurs revendications, nous ne pouvons cautionner leurs méthodes d’action car la violence ne produit que la violence, peu importe la légitimité de la cause que l’on poursuit. Toutefois, nous ne comprenons pas pourquoi le pouvoir en place à Kinshasa n’exprime pas la même colère (qu’’ils ont contre les ‘combattants’ d’Europe) face aux activités meurtrières des FDLR. Chaque jour, ces FDLR se promènent librement à l’est du pays, tuant, violant les femmes, volant des biens, brulant des villages, et prenant des enfants en otages pour en faire des soldats. Pendant ce temps, l’armée et les agents du Président Kabila se préoccupent plus à traquer les militants de l’UDPS et les ‘combattants’ d’Europe.  L’UDPS n’est pas l’ennemi du Congo, ce sont les FDLR qu’il faut abattre. Les attaques des ‘combattants’ d’Europe ressemblent à un jeu d’enfants comparées aux actes sanguinaires des FDLR.  

Le malheur du Congo est qu’il est dirigé par des hommes qui n’ont aucun amour pour le peuple. Le jour de délivrance du Congo arrivera lorsque ce pays se dotera d’un chef d’état et des dirigeants qui sont animés d’une grande compassion pour les souffrances du peuple. Le Congo n’a besoin que des hommes et des femmes qui l’aiment et qui sont prêts à payer le prix pour défendre les intérêts du peuple. Le jour arrive où le Congo aura de tels hommes à sa tête. En ce jour là, le peuple connaitra ce qu’un état de droit veut dire. En ce jour là, une seule semaine suffira pour chasser tous les FDLR du Congo. En ce jour là, les vrais ennemis du peuple devront rendre de compte (et les enfants des autorités qui aujourd’hui s’amusent à tuer des citoyens congolais en toute impunité rendrons de compte à la justice). Peuple congolais, ce jour là arrive ! Tenez bon !

Kabila Président du Congo en 2006, 2011, 2016, et en 2021 !!!!!

La Ceni vient de publier les résultats provisoires des élections législatives. Ces résultats couvrent quatre-vingt-neuf de cent soixante-neuf circonscriptions électorales. Déjà, on connait les noms de deux cent dix-neuf députés (sur les 500 qui composeront la prochaine Assemblée nationale). Sur base de ces résultats provisoires, Kabila et ses supporters peuvent déjà ouvrir des bouteilles de champagne et célébrer leur futur et plus-que-certain contrôle du parlement congolais. Rien de surprenant : le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), de la Majorité présidentielle (MP), arrive en tête avec trente-deux élus. D’autres partis de la Majorité présidentielle raflent plusieurs sièges. Le PPPD, un parti de la majorité créé à la veille des élections présidentielle et législatives obtient seize sièges. Voici les résultats des autres partis ayant soutenus la candidature de Kabila :

Le Mouvement social pour le renouveau (MSR) : 12 sièges; Le Parti lumumbiste unifié (Palu) : 9 sièges; L’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC) : 8 sièges; L’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) de Modeste Bahati : 4 sièges; L’Alliance des travaillistes démocrates (ATD) de José Makila : 4 sièges; L’Alliance des démocrates humanistes (ADH) de Jean-Claude Baende : 4 sièges ; L’Union nationale des démocrates fédéralistes (Unadef) de Charles Mwando Nsimba : 4 sièges; La Convention des Congolais unis (CCU) de Lambert Mende : 3 sièges; La Convention des fédérations pour la démocratie chrétienne (Cofedec) de Venant Tshipasa : 3 sièges; La Nouvelle alliance des démocrates (NAD) d’Athanase Matenda : 3 sièges

Du coté de l’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi, vient en tête avec vingt sièges ; suivi du MLC (Le Mouvement de libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba qui compte déjà treize sièges. L’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe n’a raflé jusque là que 6 sièges et l’Union des forces du changement (UFC) de Léon Kengo wa Dondo 3 sièges.

Quelle confiance les congolais doivent accorder à ses résultats ? Telle est la grande question que nous nous posons. Ce n’est plus du tout un secret que les élections au Congo de 2011 ont été un échec total. Tout le processus a été si entaché des failles, d’erreurs, de fraudes, de manipulations, et d’irrégularités que plusieurs voix se sont levées pour exiger que ces élections soient carrément annulées.  La CENI elle-même, devant la multitude des plaintes et réclamations et pour garantir la transparence et la crédibilité des législatives, avait décidé la suspension de l’opération de compilation des résultats des législatives dans tous les Centres locaux de compilation des résultats (CLCR). Cette suspension devait durer jusqu’à l’arrivée de l’équipe de supervision et d’appui technique international. A la surprise générale, avant l’arrivée de cette équipe et sans avoir apporter une quelconque assurance quant à la transparence et la crédibilité du processus, la CENI a repris son travail de compilation et de proclamation des résultats provisoires. Ainsi, nous croyons, la CENI ne doit pas en vouloir aux congolais qui rejetteront les résultats des législatives.

Comme on pouvait s’y attendre, la Majorité Présidentielle vient en tête avec plus de sièges raflés. Comment ne pas croire que ceux qui ont falsifié les procès-verbaux de la présidentielle ont aussi falsifié ceux des législatives ? Les deux élections se sont déroulées le même jour. S’il y eu irrégularités dans l’opération de compilation des résultats de la présidentielle, il y en eu surement dans celle des législatives. Malheureusement, au Congo, on semble appliquer l’adage africain qui dit : « mieux vaut avoir des élections frauduleuses que de ne pas en avoir du tout ». Tout le système politique congolais fonctionne (comme toujours) sur base du principe de la complaisance ; complaisance face à la corruption, complaisance face à l’injustice sociale, complaisance face aux fraudes, et complaisance face à l’incompétence. Sous d’autres cieux, on aurait repris toutes  les opérations de compilation des résultats des élections sous la supervision d’un comité neutre. Sous d’autres cieux, le pasteur Ngoy Mulunda aurait déjà été limogé. Sous d’autres cieux, on aurait déjà mis fin au théâtre que nous offre la CENI. Au Congo, là où le ridicule ne tue plus, on préfère ne faire aucun cas des plaintes et réclamations. Au Congo, là où on récompense les incompétents, on préfère faire confiance au travail bâclé du Pasteur Ngoy Mulunda et lui confier même l’organisation des élections en 2021.  Bref, les congolais n’ont qu’à accepter les résultats des législatives comme ils ont eu à accepter le gagnant proclamé de la présidentielle, Mr. Kabila.

Il n’y aura pas de changement au parlement congolais : la Majorité Présidentielle gardera la majorité des sièges. Ce qui veut dire : le Congo avant 2011= le Congo après 2011 ! S’attendre à un quelconque changement au Congo au niveau politique, social, et économique constitue un triste rêve. Un seul changement devrait être attendu : celui de la constitution. Rien ne pourra empêcher à cette majorité présidentielle d’effectuer un autre amendement constitutionnel qui devra permettre à leur chef spirituel, Mr. Kabila, de briguer un troisième mandat (pourquoi pas un quatrième puis un cinquième…jusqu’à battre le record détenu par le feu Président Mobutu). Certains nous traiteront d’alarmiste rêveur. Laissons le temps au temps et vous vous rendrez compte que nos prédictions sont loin d’être une rêverie.

Il suffit de bien étudier la gestion du pouvoir en Afrique pour réaliser que le Congo se dirige bel et bien vers un autre amendement constitutionnel. L’exemple du Sénégal devrait suffire à convaincre les esprits incrédules.  Abdoulaye Wade, Président du Sénégal, a été élu premièrement en 2000 pour un mandat de sept ans. Il fut re-élu en 2007 pour un mandat de cinq ans après qu’un amendement constitutionnel ait réduit la durée du mandat présidentiel. Mais en 2008, la durée du mandat présidentiel de sept ans fut de nouveau introduite dans la constitution suite à un autre amendement. Aujourd’hui, à la surprise générale, le Président Wade présente sa candidature à la présidentielle de 2012 pour ce qui est en principe devrait être son troisième mandat. Pour Mr. Wade, cela ne constituera pas son troisième mandat car le dernier amendement constitutionnel s’est effectué alors qu’il n’avait pas encore épuisé son deuxième mandat. Pour lui, l’amendement constitutionnel a introduit une nouvelle dispensation légale dans laquelle il n’a pas encore effectué deux mandats. Il ne serait pas difficile de comprendre que le changement constitutionnel de 2008 a été initié et effectué pour créer cette confusion et donner au président actuel du Sénégal des arguments pour présenter sa candidature aux élections de 2012. Nous sommes convaincus que le même hold-up constitutionnel s’opérera au Congo dans les jours à venir.

Notre assurance vient du constat selon lequel l’alternance politique est une denrée rare en Afrique. La majorité des chefs d’état africain ont quitté le pouvoir malgré eux. Certains se sont cramponnés à leur pouvoir jusqu’à leur mort, d’autres ont dû être délogés sous la force des armes, d’autres encore (plus malin) ont quitté en s’assurant que leur fils les remplacerait. En Afrique, les hommes de la carrure de Nelson Mandela sont rares, voir même inexistants. En Afrique, on prend le pouvoir et on n’y reste (jusqu’à ce que la mort nous sépare…). Au Congo, aucun homme politique au pouvoir ne nous a encore démontré la culture des hauts sentiments patriotiques et démocratiques. On exerce le pouvoir pour le pouvoir, on s’accapare des postes gouvernementaux pour un gain personnel, on soutient la candidature d’un tel ou tel autre juste pour un meilleur positionnement politique et financier. Avec une telle culture anti-démocratique en place, il va de soi qu’un autre amendement constitutionnel va être effectué, non pas pour une quelconque amélioration du système politique, mais simplement pour permettre au ‘roi’ de briguer un autre mandat et vivre éternellement au pouvoir.

Que peut faire l’opposition congolaise dans un tel contexte ? Presque rien. Ils vont s’asseoir et regarder impuissamment le hold-up constitutionnel s’opérer tel qu’ils l’ont fait durant les sessions passées lorsque la constitution fut changée pour réduire le nombre de tours aux élections présidentielles. Reste à savoir si cette opposition va rejoindre la nouvelle Assemblée Nationale. Si L’UDPS respecte sa logique, elle ne devrait pas laisser ses députés élus rejoindre le parlement. Et, les autres partis qui ont introduit des réclamations devraient en principe ne pas reconnaitre cette assemblée. Quelle sera la position de Tshisekedi face aux résultats des législatives ? Quel président les députés de l’UDPS reconnaitront-ils ? Quel gouvernement vont-ils surveiller ? Voilà des questions intéressantes aux quelles il va falloir répondre dans le jour à venir. Entre temps, célébrons déjà la victoire de Mr. Kabila aux élections présidentielle de 2021!!!!!!

Léon Kengo tabassé: qui est le prochain sur la liste?

L’année 2011 aura été pour les Congolais une année importante : celle durant laquelle le peuple devait se choisir ses élus et son chef d’état pour un mandat de cinq ans. Pour certains, l’année électorale 2011 s’est terminée avec succès car le vote a eu lieu, le gagnant a été proclamé, investi, et le travail peut commencer (ou continuer…). Tandis que pour d’autres congolais, 2011 aura été un échec total sur le plan électoral : les élections au Congo ont été si frauduleuses que les résultats ne reflètent pas la volonté du peuple congolais. Peu importe le camp où ils se sont trouvés, les congolais se sont ‘efforcés’ de célébrer la fin de l’année dans la paix, la joie et la gaité ; certains en allant à l’église, d’autres en allant retrouver des amis dans des lieux non religieux. Cependant, il faut le reconnaitre, tous les congolais n’ont pas été touché et enveloppé par l’esprit de paix qu’amène la fête de la Saint-Sylvestre. C’est le cas de ceux qui ont agressé, attaqué, rossé, tabassé (les mots nous manquent pour décrire leur acte) à Paris le président du Sénat congolais, Mr. Kengo wa Dondo,  alors qu’il s’apprêtait à monter à bord de la voiture qui était venue le chercher en gare du Nord pour un séjour privé a Paris.

Cet acte violent est grave, très très grave. Il exige de nous une profonde réflexion. C’est un acte qui a une signification importante, des conséquences incalculables, et des ramifications longues et insoupçonnées.  Voici notre analyse: l’attaque sur la personne de Mr. Léon Kengo renseigne sur le haut degré de frustration qui caractérise une bonne partie de la population congolaise. Ces nombreux congolais frustrés et en colère vivent non seulement au pays mais aussi à l’étranger. La seule différence entre eux est que ceux qui sont à l’étranger sont plus libres d’exprimer et de libérer leur frustration que ceux sont au pays. L’agression de Léon Kengo n’est que l’expression d’un peuple qui se sent abusé, trahi, lésé, spolié, et trompé. Nous n’essayons pas ici de justifier cet acte violent en se faisant passer pour ‘l’avocat du diable’. Nous essayons d’en comprendre la nature, les raisons, et le but. Pour nous, il est plus que nécessaire que le pouvoir en place à Kinshasa comprenne la nature et les raisons de cet acte. Il faut que le gouvernement du président Kabila comprenne jusqu’à quel point ce peuple est frustré.  Après avoir eu à agresser les musiciens, les pasteurs, et les politiciens, les soi-disant ‘combattants’ d’Europe se permettent d’attaquer celui qui aujourd’hui est la deuxième personnalité politique en terme protocolaire. C’est grave.

C’est faux de croire que ce sont seulement ces ‘combattants’ de Paris ou de Londres qui sont frustrés et en colère. Leur frustration est générale. Les congolais frustrés sont partout, parmi les ‘combattants’ à l’étranger, parmi les kinois qui doivent se battre chaque jour pour pouvoir manger, se laver, se déplacer, se soigner, parmi les katangais qui voient leur richesse aller en Chine sans un quelconque profit pour eux, parmi les Kivutiens qui voient les rwandais et les ougandais exploiter illégalement leurs richesses, parmi les bandundois et bas-congolais qui se font chassés comme des chiens de l’Angola, parmi les kasaiens qui vivent et dorment affamés sur un sol rempli de diamant, parmi les soldats de l’armée congolaise et policiers qui servent une nation qui les paient en monnaie de singe, parmi ces milliers des jeunes congolais qui ‘fuient’ leur riche pays pour aller laver les cadavres et les assiettes des blancs. Le peuple congolais est fatigué et au bord de l’énervement explosif. La seule différence entre ce monde et les ‘combattants’ de Paris est que ces derniers ont choisi la mauvaise façon d’exprimer leur frustration et leur colère. Cela ne veut pas dire que les kinois ou les katangais ne sont pas capables des tels actes de violence. Je suis plus que convaincu que si le congolais vivant au pays avait plus de liberté d’expression, il exprimerait sa frustration avec une violence qui dépasserait peut être celle des ‘combattants’ d’Europe.

Je ne pense pas que le pouvoir en place à Kinshasa réalise l’état psycho-pathologique du peuple congolais. Si c’était le cas, des changements sérieux auraient déjà été apportés dans le choix des décisions politiques et dans la manière de gérer les biens publics. Par exemple, si le pouvoir en place au Congo tenait en compte la psychologie du peuple congolais, il aurait demandé à la CENI de refaire sous la supervision d’une commission neutre le dépouillement et le comptage des votes de l’élection présidentielle.  Une telle décision aurait permis de décrisper la situation et d’ôter tout doute parmi la population en ce qui concerne les résultats du vote. Aujourd’hui, pour n’avoir fait aucun cas de la volonté d’une grande partie de la population qui n’a pas accepté les résultats du vote, le pouvoir en place doit faire face à des groupes d’individus qui ne le reconnaissent pas.

Le président Obama n’a pas été voté par tout le monde mais ceux qui ne l’ont pas voté le reconnaissent comme leur président ; simplement parce que les règles démocratiques et de transparence ont été respectées. Dans le cas du Congo, le chef d’état et les 500 députés ne seront pas reconnus comme tels par tous ; simplement parce que la commission électorale a failli dans sa mission et le pouvoir en place refuse de reconnaitre cela.  Tout ceci crée une situation de confusion et ajoute à la frustration du peuple un sentiment de déception. L’attaque de Léon Kengo à Paris n’est qu’une ramification de cette frustration et de cette déception qui envahit l’âme du congolais. En attaquant Kengo, ces congolais n’ont pas attaqué un homme, ils ont plutôt attaqué un système, un ensemble d’institutions, qui pour eux, représente la source de la souffrance du peuple congolais.

Une fois de plus, nous insistons sur le fait que nous n’essayons pas de justifier cette attaque. Elle est surement à condamner. Mais, elle doit être aussi étudiée. Exiger à la France d’enquêter sur cette affaire et de demander de compte aux assaillants ne suffit pas. On sait très bien que la France a tout le moyen de le faire (on connait déjà surement l’identité des ces hommes grâce aux cameras qui ont filmé l’attaque). Le plus important est de comprendre l’acte et d’en tirer les conséquences nécessaires. Car si rien ne change au pays, si la frustration de ce peuple reste telle qu’elle est, si ces ‘combattants’ se sentent toujours abusés, ce genre d’attaque va continuer. Après Léon Kengo, ca sera peut être le tour du Gouverneur Kimbuta, du ministre de l’information Albert Mende, et pourquoi pas de Mr. Kabila. Je ne souhaite pas du tout que cela n’arrive. Mais en humble analyste de la situation politique congolaise, j’entrevois les possibles conséquences des décisions présentes. Aujourd’hui, c’est clair que tous les politiciens proches du pouvoir de Mr. Kabila ne peuvent (et ne doivent) plus circuler librement en Europe et en Afrique du Sud sans un dispositif de sécurité important. En disant cela, nous n’incitons pas du tout ces ‘combattants’ à la violence mais plutôt nous voulons faire observer à tous la situation réelle dans laquelle se trouve le Congo. Nous lançons cet appel au pouvoir en place à Kinshasa : engager un dialogue avec toutes les forces vives du pays, arrêter de jouer à l’autruche en voulant faire croire à tous que le Congo se porte bien et qu’il est sur la voie du développement. Si c’était le cas, le domicile de Mr. Etienne Tshisekedi ne serait pas sous surveillance militaire. Le simple fait que ce pouvoir à Kinshasa soit obligé d’enfermer militairement un citoyen congolais chez lui indique que la situation politique est tendue et au bord du dérapage. Jusqu’à quand allez-vous garder Mr. Tshisekedi sous surveillance militaire ? Il est clair que cette décision de surveiller militairement un opposant politique n’est pas une solution permanente à une situation de crise politique. Seul le dialogue a toujours été une solution par excellence. Je réitère ma proposition : que les formations politiques, toute tendance confondue, s’assoient sur une même table et dialoguent, trouvent une solution durable à la crise de légitimité qui secoue le Congo. Si cette solution passe par le recomptage des votes de l’élection présidentielle, n’ayons pas peur de cela, allons-y ! Sans ce dialogue, je ne vois pas d’issue à la crise actuelle. Le Congo connaitra 5 ans de turbulence et de tempêtes. Les policiers et les soldats à Kinshasa passeront leur temps à surveiller et à traquer les opposants politiques au lieu d’aller chasser les FDLR de l’est du pays. La communauté internationale continuera à se moquer de nous en nous traitant comme des enfants qui ont toujours besoin d’être aider pour n’importe quoi. Et, les ‘combattants’ d’Europe continueront à tabasser les musiciens, les pasteurs, et les hommes politiques qui viennent de Kinshasa. 

Il est temps que cette violence aveugle s’arrête. Cette violence est alimentée par le sentiment de frustration qui anime la nation entière. La politique congolaise l’a créée et c’est la politique congolaise qui devra la faire partir. L’ONU, Washington, Paris, et Bruxelles ne viendront pas le faire à notre place. Nous devons avoir le courage de nous regarder en face, confronter nos différences, et arriver à un accord pacifique en usant l’arme des forts : le verbe. Le Congo a assez sombré dans la violence. Cette violence commence à prendre une place inacceptable dans la culture congolaise. C’est inacceptable que la violence se soit aujourd’hui infiltrée dans les habitudes et la vie des congolais jusqu’à devenir une arme légitime, un moyen pour atteindre son but, un outil de travail. La violence est devenue le pain dont le congolais doit se nourrir tout le jour. Violence à Walikale, violence à kananga, violence en Ituri, violence à Kinshasa, violence à Paris, violence à Jo’burg…Il semble qu’il ne se passe pas un jour sans que des congolais meurent suite à ce genre de violence insensée…. 9 morts dans la prison de Bukavu, les FDLR tuent des villageois à Walikale, 3 morts à Masisi dans un conflit entre éleveurs,  maisons incendiées à Kabeya Kamwanga, la RTDK attaquée à Mbuji-Mayi…Que l’attaque sur la personne de Léon Kengo nous réveille de notre ‘distraction’ et nous fasse comprendre qu’il est temps que le Congo retrouve sa grandeur et que le congolais reçoive l’honneur qui lui est dû. Il est temps que les nations de la terre reconnaissent que le congolais est un homme de paix, un citoyen du monde généreux, accueillant, hospitalier, un homme béni de Dieu avec une terre proche de l’Eden biblique, un homme  travailleur dont la créativité et la production lui permettent de nourrir sa famille aisemment.

Congo de Kabila et Tshisekedi: Monstre à 2 têtes?

Dans un communiqué publié le mercredi 21 décembre 2011, La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a suspendu la compilation des résultats des législatives jusqu’à l’arrivée des équipes de supervision et d’appui technique international. La Ceni affirme que cette suspension est motivée par des «nombreuses  réclamations dont elle a été saisie par les candidats et organisations politiques ». En plus de tout ceci, La Ceni a aussi annoncé la signature d’un accord technique avec la Mission des Nations unies “pour la stabilisation de la RDC (Monusco) en vue de limiter des probables manipulations des résultats dans les centres locaux de compilation des résultats (CLCR)”.

Cette ensemble des décisions par la Ceni, il faut le dire, arrive trop tard. C’est d’abord un aveu pur et simple de l’echec du système electoral mis en place par le Past. Ngoy Mulunda.  Ce système a failli depuis son lancement jusqu’à ce jour. Malheureusement, la Ceni n’a pas eu le courage de le reconnaitre à temps. On décide aujourd’hui de suspendre la compilation des résultats des législatives pour minimiser les probables manipulations des résultats, tout en refusant de reconnaitre que ces manipulations ont commencé deja avec les résultats  de la présidentielle. Si réellement ces manipulations ont commencé bien avant le 28 Novembre 2011, pourquoi cette mesure n’avait-elle pas été prise pour la présidentielle ? Si la Ceni était une institution responsable, elle aurait du faire de meme avec l’élection présidentielle: suspendre tout, chercher le soutien des équipes techniques internationales, et ensemble s’assurer que les résultats proclamés des elections présidentielles refletent au moins à 99% la volonté du peuple. Non…la Ceni a preferé plutot fermer ses yeux et ses oreilles face à tous les messages envoyés de partout, dénoncant des manupulations à grande échelle des résultats de la présidentielle.

Comme pour se racheter et demontrer un semblant de professionalisme, la Ceni prend maintenant des décisions à caractere responsable. Evidemment, le mal est deja fait et Ngoy Mulunda a deja fait investir son candidat. Ces décisions de suspension ne changeront rien à la honte que le Congo a connu en investissant un chef d’état apres des élections massivement frauduleuses. La seule manière par laquelle la Ceni pouvait essuyer cette honte aurait été de refaire le comptage des voix sur base des PV des bureaux de vote; le refaire non seulement pour les presidentielles mais aussi pour les legislatives.

Malheureusement, l’histoire du monde se souviendra désormais du Congo comme d’une nation qui s’illustre par des situations politiques abracadabrantes, farfelues, rocambolesques, et ebourifantes. Il y a quelques années, le Congo avait amené les docteurs en sciences politiques à reviser leurs bouquins et leurs lécons sur les types possible de système politique, avec l’introduction du 1+4, un système dans lequel le pays fut dirigé par un président et 4 vice-présidents; tous choisis par des plate-formes politiques. Aujourd’hui, le Congo presente au monde un système aussi extravagant: le 2+19000; un système dans lequel deux chefs d’état sont investis (à tort ou à raison) du pouvoir politique supreme; et qui (le système) compte plus de 19.000 candidats au legislative pour seulement 500 sieges (6.000$ par mois comme revenus dans un pays ou le salaire moyen est de 60$….ca vaut la peine de se lancer dans la course!).

Avec la prestation de serment de Mr. Tshisekedi le Vendredi 23 Decembre 2011 (ceremonie a son domicile), le Congo s’est retrouvé avec deux chefs d’etats: l’un d’eux reconnu par plusieurs observateurs comme ayant été ‘frauduleusement’ investi; et l’autre vu par d’autres analystes comme un président auto-proclamé. Et au milieu de tout ce rigolo cafouillage, ce zinzin imbroglio causé par l’incapacité et l’inféodation de la Ceni, se trouve un peuple si affamé, si terrorisé, si clauchardisé qu’il est incapable de revendiquer ses droits comme il le faudrait. Comment en vouloir a ce peuple, quand on a dans sa mémoire l’histoire de la fin tragique de Lumumba, de la marche sanglante des chretiens, de Floribert Chebeya, et de tous ceux qui ont osé dénoncer les violations des droits de l’homme au Congo. Certains souhaitent que le Congolais aie l’esprit suicidaire des arabes egyptiens ou syriens…Hélas, le congolais est un bantou qui tient avant tout à sa vie: revendication…OUI, mais pas au prix de sa vie. Certains se demandent pourquoi le Congolais n’a pas l’acharnement du russe qui brave le froid (-15 degré celcius de froid) pendant plus de 2 semaines pour s’opposer à Putin. Il faut comprendre que le Congolais (le kinois en particulier) ne peut pas se permettre deux jours de protestation sans aller “kobeta libanga”. Sans son ‘libanga’, le congolais meurt de faim. Par conséquent, le Congolais est pris en otage par des politiciens corrompus, des institutions politiques malades, une police et une armée au service d’un seul homme, et une communauté internationale impitoyablement vorace. Le peuple se tait, se cache, se contente de vivre au jour le jour, de survivre avec un morceau de chikwange et de quelques ‘poudres’ de likayabo, tres pimentées. L’essentiel pour ce peuple, c’est d’avoir le soir venu un verre de ‘primus’ ou de ‘skol’ devant soi, pendant qu’il regarde à la télé des filles presque nues remuer leurs hanches au son bruyant de la musique de JB ou de Werrason. Voila l’opium qui ensommeille le peuple…morceau de chikwange et une musique à vous arracher les oreilles! Pendant ce temps, le politicien et le militaire s’enrichissent (on a appris que des hommes armés ont devalisé à l’est du pays un vehicule de la BIAC et se sont enfouis avec 1.000.000$—qui les a informés que ce vehicule convoyait 1.000.000$?).

Revenons à notre sujet…. A cause de l’incapacité et l’irresponsabilité de la Ceni, le Congo se retrouve avec deux chefs d’etat, une situation semblable à celle qu’a connu la Cote d’Ivoire. Malheureusement, au Congo, c’est le candidat ‘frauduleusement’ élu qui a été officiellement investi. En plus, ce candidat détient le controle de la police et de l’armée. A la différence de la Cote d’Ivoire, où la communauté internationale s’etait impliquée pour asseoir le ‘vrai’ gagnant au pouvoir; au Congo, cette communauté garde un silence bizarre (complice?). Il ne reste au candidat auto-proclamé que le soutien des jeunes desoeuvrés des quartiers étèrnellement insalubres de Kinshasa (5 chantiers ayant echoués…). Ces jeunes qui osent quand meme affronter la rage des policiers de Kimbuta paient toujours cher leur ‘indiscipline’ révolutionaire. On compte  a chaque affrontement quelques morts.

L’histoire est tétue. Elle a ceci de particulier: elle garde ses yeux ouverts et un jour, elle rend de compte à tous ceux qui ont cru pouvoir se moquer de la destinée des hommes. Un jour, la Ceni et la Cour Supreme de Justice du Congo devront rendre de compte à l’histoire. A cause de leur incapacité à accomplir leur mission correctement, plus de 40 millions de Congolais (ceux qui n’ont pas voté pour Kabila) sont obligés de vivre pendant 5 ans avec la frustraion et l’amertume dans le coeur, frustrés d’avoir à la tete de leur pays un individu qu’ils ne reconnaissent pas comme gagnant légitime de l’election présidentielle.

Si une solution politique n’est pas trouvée pour departager les deux camps, les 5 futurs années devant nous seront négativement mouvementées. Il y aura des mouvements de soulèvement à l’intérieur comme à l’exterieur du pays. Ne pas reconnaitre cela, c’est mal connaitre la relation qui lie la psychologie d’un peuple et les mouvements socio politiques au sein d’un pays. Les mouvements socio politiques sont prévisibles: il suffit de lire l’ame du peuple. Le Congolais est un peuple non seulement affamé, abruti par des années de misère mais aussi frusté par des longues années d’émasculation. Je pése bien mes mots: “émasculation”. Le congolais est un peuple à qui on a oté pendant bien des années le pouvoir et la force de se prendre en charge. Le congolais est un lion sans ‘testicules’. Sa destinée est decidée à New York, sa paix est assurée par des casques blueus indiens, son avenir est tracé à Paris, ses dirigeants sont choisis à Bruxelles, son cobalt et son cuivre fabriquent des avions et des TGV en Chine, son fleuve fournit de l’électricité 24h/24 à 1/4 de l’Afrique, son bois fournit les meubles des grands palais europeens, son cacao est mangé en Amérique, son diamant habille les princesses et reines du monde, et son coltan permet au monde entier de devenir un petit village. Et pendant ce temps, le congolais croupit dans la misère, la congolaise est violée par des milices étrangers, le congo ne fabrique ni bicyclette ni brouette, le congolais dort 30 jours sur 31 dans le noir, il doit se reveiller à 4 heures du matin pour aller puiser de l’eau à 10 kilometres, il attend la fete du nouvel an pour manger du chocolat et un petit morceau du poulet, et ses enfants doivent aller à l’école pied nu. Imaginez le degré de frustration qui bouillonne dans l’ame d’un tel peuple. Aujourd’hui, il faut ajouter à cette frustration celle causée par l’hypocrisie et l’echèc du Past. Ngoy Mulunda et sa clique.

Ce que le congolais reclame, c’est le droit de décider de son propre destin, le droit  de tailler son propre avenir. Ce peuple est fatigué de voir sa vie etre faconnée par des mains externes. Le roi Leopold II a inauguré ce processus d’émasculation du peuple congolais en exploitant l’ivoire et le caoutchouc du Congo. La Belgique a pris le relais en sucant le Congo de son cuivre et de son diamant. Ensuite viendront Mobutu et ses parrains occidentaux. Pendant plus de 30 ans, le grand lion ‘Congo’ sera mis à genoux. L’arrivée de Laurent Kabila n’a apporté que d’autres exploitateurs sur la scène. Des années de guerre civiles n’auront enrichis que le Rwanda, l’Ouganda, l’Angola, le Zimbabwe, et tant d’autres pays. Le congolais dans tout cela n’a retiré que misère et désolation. Imaginez aujourd’hui le degré de frustration dans l’ame de ce peuple.

Il est plus que temps que les dirigeant congolais actuels prennent en compte toute cette frustration dans sa manière de diriger et de repartir les revenus du pays. Il faut que le futur deputé du parlement tienne en compte l’amertume du peuple quand il fixera son propre salaire et quand il votera le budget de la nation.  Je ne crois pas que l’enseignant congolais sois toujours disposé à recevoir 30$ de salaire pendant que le député se fait payer 6.000$. Ce genre de disparité créera plus de frustration et conduira à un soulèvement populaire.

Il est temps que le politicien congolais redonne au congolais ‘ses testicules’ longtemps volés en lui donnant les moyens de se prendre en charge et de prendre la destinée de ses enfants en charge. Sur un plan plus pratique, il est plus que nécessaire que les hommes et femmes politiques s’assoient sur une meme table et  trouvent une solution à la confusion que la Ceni a crée. La politique de l’autruche ne paie pas. Traiter Tshisekedi de reveur ne profitera à personne. Lancer un mandat d’arret contre Kabila ne profite à aucun congolais. Fermer aussi les yeux face à la frustration du congolais ne paiera pas. Organiser des journées villes mortes ne paiera pas aussi. Affronter la police congolaise ne profitera à personne. Mais, s’assoir sur une meme table, reconnaitre les failles de l’élection presidentielle et legislative, et prendre des décisions responsables profitera à tous. Le Congo n’a pas besoin d’avoir deux chefs d’etat. Le Congo a besoin d’un seul chef d’etat, respecté par tous (il n’est pas nécessaire qu’il soit aimé par tous—chose impossible—), reconnu par tous, et obei par tous. Il est grand temps que le Congo cesse d’etre un monstre à 2 tetes, à 4 tetes, à 500 tetes ou à 19.000 tetes. Ce grand pays au centre de l’Afrique est un jeune lion qui n’a besoin que d’une seule tete et de ses ‘testicules’ pour faire trembler le monde entier par ses exploits et ses victoires.

KABILA: Adieu les 5 chantiers! Welcome “La Révolution de la Modernité”!

Joseph Kabila, réélu pour un mandat de 5 ans au terme d’un processus electoral (l’un des plus controversés du monde), a été investi dans ses nouvelles fonctions ce mardi 20 décembre au cours d’une cérémonie à laquelle ont assisté des ministres et des ambassadeurs représentants des pays africains et occidentaux. Un seul chef d’Etat a fait le déplacement, il s’agit du président zimbabwéen Robert Mugabe.

Il est vrai que, lors des cérémonies d’investitures des chefs d’Etats, la présence des leurs homologues étrangers n’est pas si primordiale que cela. Toutefois, dans le cadre de l’Afrique, cette présence est très importante car elle informe sur le degré de crédibilité internationale dont jouit le nouveau président élu. La présence d’un seul chef d’Etat à l’investiture de Kabila signale plusieurs choses. Et quel chef d’Etat? de quel pays en plus?

Tout ceci indique que Kabila ne jouira pas durant son 2eme mandat de la meme légitimité (nationale et internationale) dont il a jouit durant son 1er mandat. Cela n’est pas étonnant. Quand on prend le pouvoir suite à des elections aussi frauduleuses et peu credibles comme celles que vient de connaitre le Congo, il ne faut pas s’attendre à ce que les chefs des nations du monde vous entourent le jour de votre investiture. Par diplomatie, ils enverront au moins leurs ministres à la culture ou au sport leur représenter.

La seule présence de Mr. Mugabe ne fait pas aussi honneur à Mr. Kabila. On connait tous les moyens que Mugabe utilisent pour se maintenir au pouvoir. On connait tous les controverses qui entourent les elections présidentielles au Zimbabwe, on connait tous le traitement que Mugabe reserve aux opposants politiques. On connait tous la gestion de Mugabe des droits de l’homme au Zimbabwe. Et voilà qu’il est le seul chef d’Etat à accompagner Kabila lors de son investiture. On comprend pourquoi et on comprend ce que sera la suite du pouvoir de Kabila (Dieu seul sait les conseils qu’il a prodigués au jeune kabila…devinez les!).

Kabila lors de son discours a annoncé un nouveau projet d’action. Adieu les 5 chantiers! Welcome “La Révolution de la modernité”! Honnetement, nous ne savons pas si nous devons en rire, en pleurer, sauter de joie, ou simplement commencer un deuil de 5 ans. Quel est le bilan des 5 chantiers? SUPER EXTRA NEGATIFS!!! Les coupures d’eau et d’electricité sont restées les memes, le fonctionnaire de l’état ne sait toujours pas joindre les 2 bouts de la semaine (si pas les 2 bouts de la journée) avec son salaire des miettes, l’enseignant depend toujours de la bonté de son élève pour avoir son argent de transport (pour son retour à la maison), l’infirmier est toujours obligé de vendre quelques siringues de l’hopital pour avoir son pain, les routes construites entre 2006 et 2011 sont deja en etat de délabrement…que pourrait-on ajouter? Brèf, les 5 chantiers n’ont été qu’un discours vide, une chanson pour endormir les congolais distraits, et un long tissus des mensonges. Le peuple s’est appauvri davantage. Les dirigeants se sont enrichis davantage. Les députés s’en sont tirés avec des maisons, des nouveaux vehicules, et des ventres plus gros. Nous ne parleront pas des ministres et des PDGs. Pendant que tous ces gens se sont amusés avec les richesses du Congo, le peuple s’est engloutie dans une plus grande misère. Et voilà que l’on nous présente un nouveau projet, sensé amener le Congo là où les 5 chantiers devaient nous amener.

Pour quelles raisons les congolais devraient croire à ce nouveau projet de société? Qu’est ce qui garanti que « la révolution de la modernité » aura plus de succès que “les 5 chantiers”?  La raison nous pousse à affirmer que « la révolution de la modernité » aboutira au meme échec. Certains appeleront cela du pessimisme. Nous appelons cela du realisme. Pensez autrement c’est tout simplement rever debout.

Congo avant elections 2011=Congo apres elections 2011. Pourquoi une telle affirmation? Simplement à cause de la loi du ‘changement en politique’. Cette loi affirme que “pour qu’une nation puisse connaitre un changement dans son économie et son social, un changement radical doit se produire au niveau des décisions politiques.” L’histoire, en plus, nous renseigne que le changement des décisions politiques est très souvent precédé d’un changement d’homme politique. Les memes hommes politiques ne produisent pas diffèrentes décisions politiques. Il est rare que les memes hommes politiques produisent au courant de 2 mandats differents des politiques differentes. On garde les memes strategies car en realité, les mandats changent mais la manière de penser ne change pas.

Au Congo, on va changer de chanson (Tshala Muana en prépare deja une) mais la danse restera la meme, on va changer de couleur de cravate, mais le couturier restera le meme. Ce sont les memes qui vont diriger ce pays pendant les 5 années à venir, les memes noms, les memes conseillers incapables, les memes voleurs, les memes détourneurs de fonds…Et comment voulez-vous connaitre un changement dans le social et l’économie? Le Congo vivra la meme corruption qui a paralysé son économie voilà plus de 25 ans maintenant.

Kabila promet de poursuivre la rigueur dans la gestion des finances publiques, et d’améliorer le climat des affaires pour attirer les investisseurs. De quelle rigueur s’agit-il? A-t-on été rigoureux dans la gestion des finances? Pourquoi est-ce que le Congo se range toujours parmi les pays les plus pauvres du monde? A-t-on fait quelque chose pour le climat des affaires au Congo? Il faut toujours plus de 40 jours pour qu’un investisseur étranger aie ses papers et commence ses affaires au Congo (rien que 2 jours au Rwanda). Je choisi de me taire sur ce qui concerne la corruption que cet étranger doit vivre pour survivre pendant ces 40 jours.

Kabila promet d’etre plus soucieux de la vie sociale du Congolais, en mettant l’accent sur “la création d’emploi, la couverture sanitaire en multipliant la construction d’hôpitaux et de centres de santé”. Il promet aussi de poursuivre les chantiers de l’eau et de l’électricité entamés lors de sa précédente législature. Il declare qu’il va s’attaquer à  “l’amélioration de la desserte en eau et en électricité dans les villes comme dans les campagnes en améliorant les capacités du barrage hydroélectrique d’Inga” et le système d’adduction d’eau dans les villages. Nous avons envie de nous écrier: “pour qui se moque-t-on?” Si pendant 5 ans, un pouvoir a été incapable de faire ces choses, par quel miracle, le fera-t-il dans les 10 ans? Surtout que ce pouvoir gardera les memes individus qui ont brillé par leur incapacité à faire bouger les choses.

Une autre chose nous pousse à ne pas croire au succès de « la révolution de la modernité »: le manque de légitimité populaire autour de la personne de Kabila. On ne reussit pas son projet social sans l’appui du peuple. Cet appui est l’élement essentiel dont tout pouvoir a besoin pour reussir son projet social. Kabila doit savoir qu’au moins la moitié de la population congolaise ne le soutiendra pas durant son mandat. Sans ce soutien, rien de bon ne sortira de « la révolution de la modernité ». C’est ici où Kabila doit comprendre que réduire les elections présidentielles à un seul tour a été une grosse erreur politique (j’espere que le nouveau parlement annulera ce changement). Les elections à 2 tours auraient permis au gagnant de jouir d’une plus grande légitimité. Le Congo aujourd’hui se retrouve avec un président que la moitié de la population ne reconnait pas. Ce peuple a le sentiment que la CENI lui a tout simplement imposé l’un des candidats. Ce peuple se sent aussi trahi par une cour supreme de (in)justice qui a choisi de femer les yeux devant les irrégularités des elections (irrégularités reconnues par tous: groupes d’observation internationaux, le vice-président de la CENI, l’église catholique, et meme Kabila lui-meme).

Que nous reserve l’avenir? Nous, nous attendons à rien de bon de la part de ce pouvoir. Il s’est montré incapable pendant 5 ans, il le restera pour les 5 années à venir. Nous nous attendons plutot à plus de violations de droits de l’homme.  Ce pouvoir nous en a deja fait voir les couleurs avec la rupture des SMS au Congo et le positionnement des armes de guerre dans la ville de Kinshasa. Kabila nous previent deja qu’il va accroitre son regime de terreur. Attention vous les Tshisekedistes qui croyaient encore à la victoire du leader de l’UDPS; Kabila sera impitoyable. Au moindre mouvement, les chars de combat s’occuperont de vous.

Tout ceci est regrettable. Pendant que les rebelles rwandais violent nos mamans et soeurs à l’est du pays, ce pouvoir trouve que l’ennemi est le kinois et décide de le terroriser en postant des chars de combats au carrefours. On se croirait en plein 2eme république avec le “Maréchal” au trone. Décidèment, Kabila a gouté pendant plus de 10 ans aux joies du pouvoir et les abandonner devient une chose difficile, voire meme impossible.  Laissez-moi ici vous annoncer qu’il y a des grandes chances pour que Mr. Kabila modifie encore la constitution pour qu’il lui soit permis de briguer le pouvoir pour un 3eme mandat; pourquoi pas un 4eme; et pourquoi ne pas y rester à vie….Compte tenu de la maniere dont ce pouvoir a gere les choses pendant ces 5 dernières années, tout ceci n’est pas chose impossible. Ce pouvoir nous a demontré que lorsqu’il veut accorder à Kabila un avantage quelconque, il met tous les moyens en place pour y arriver. L’avantage supreme consistera à lui donner les moyens de rester au pouvoir milele na milele, seko na seko. Une seule chose pourrait empecher cela: l’entrée au parlement d’un nouveau genre de politicien, plus preoccupé par le bonheur du peuple que des interets du chef d’etat, plus soucieux de respecter le droit du citoyen que de s’enrichir. Le congolais ne peut s’attendre à un avenir meilleur que si le futur parlement fait efficacement son travail de contre-pouvoir face à un Kabila et un gouvernement qui se croient tout permis. Reste à savoir si l’election des députés connaitra moins de fraudes. On apprend deja que certains candidats députés ont soudoyé des agents de la CENI pour que les procés-verbaux soient modifiés en leur faveur. Les memes individus qui se sont faits payés 6.000$ par mois tiennent à retourner dans leur ‘ferme’ pour traire davantage cette vache grasse qu’on appelle le Congo; une vache qui depuis plus de 30 ans ne fournit son lait qu’aux étrangers  et aux dirigeants du pays, pendant que le peuple tout entier croupit dans la faim et la disette.

Mais, une chose est sure: les ténébres ne régnent pas à toujours! Peu importe la longueur de la nuit, le jour finit par se lever! Le jour finira par s’elever sur le peuple congolais. Cela peut prendre des années mais cela finira par arriver. Ce jour arrive lorsque le Congo aura des dirigeants qu’il merite, des dirigeants qui conduiront la nation dans la prospérité que tout le monde attend.